Le secret de Moen de Peter Tremayne

The Spider’s Web

Le secret de Moen

Le mardi 7 août 2007 par Sheherazade

Le chef de clan, Eber d’Araglin avait la réputation d’être un homme bon, généreux. Pourtant, une nuit quelqu’un décida de mettre un terme à sa vie en le poignardant à mort. Celui que l’on accuse est un jeune homme aveugle, sourd et muet, incapable de se défendre, que l’on a retrouvé penché sur le cadavre, les vêtements couverts de sang, un couteau à la main.

Eber ne fut pas le seul à mourir violemment cette nuit-là ; le cadavre de sa sœur aînée est également retrouvé peu après baignant dans son sang. Envoyée à Araglin par son frère, le Haut Roi de Muman, afin de faire la lumière sur ces meurtres, la jeune religieuse et avocate Sœur Fidelma, accompagnée du frère Eadulf le Saxon, éprouve très vite une sensation accablante, comme si la haine qui règne là était palpable. Pour un lieu où le chef était tellement aimé, c’est tout de même assez surprenant ! Inutile de dire qu’elle n’est pas réellement accueillie à bras ouverts par la fille du chef, s’étant fait nommer chef peu avant le meurtre de son père au mécontentement d’un de ses cousins, de sa propre mère et de sa tante assassinée.

Auparavant, tout juste avant d’arriver à Araglin, Fidelma a rendu justice à un jeune fermier, lui aussi originaire de ce clan où pratiquement tout le monde est cousin ; les étrangers ne sont guère apprécié dans ce village où la haine plutôt que la solidarité familiale semble régner en maître. En ramenant le jeune homme et sa promise au village, l’hostellerie où ils logent est attaquée par des bandits qui ravagent régulièrement la campagne. Bref, rien n’est paisible dans cette verdoyante vallée.

Lorsque Fidelma découvre à quel point chacun souhaite mettre à mort le jeune sourd-muet, que l’on laisse croupir dans sa saleté, que l’on traite plus mal qu’un animal, la jeune religieuse entre dans l’une de ses colères froides qu’Eadulf connaît bien. Ils n’ont qu’à bien se tenir dans cette vallée soi-disant idyllique car la religieuse n’a pas du tout l’intention de s’en laisser conter. Pour elle, on est innocent tant qu’il n’y a pas de preuve de culpabilité, aussi va-t-elle s’acharner à aider le malheureux, qui contrairement à ce que l’on pense, n’est pas un débile mental. Moen connaît à la perfection le langage Ogham, l’ancien alphabet des Celtes qui lui fut enseigné par la sœur assassinée d’Eber qui l’éleva comme son propre enfant. Un vieil ermite, membre de l’ancienne foi (c’est-à-dire, un païen !) va aider Fidelma et Eadulf dans leur enquête, qui va réveler de bien sordides secrets de famille, d’inceste, de cupidité.

A Araglin, ce ne sont pas la beauté et la bonté qui règnent au sein du clan, mais l’appât des richesses, l’intolérance de l’église de Rome sous la forme du prêtre du village. C’est lui qui a immédiatement accusé le jeune infirme, prétextant qu’il s’agit d’un enfant du diable et qu’il doit être mis à mort à ce titre.

Comme toujours, Peter Tremayne emmène ses lecteurs sur de multiples routes avant le dernier chapitre où la jeune religieuse avocate dévoile ses conclusions et démasque le coupable.

Parfois j’ai l’impression que l’auteur complique à souhait son intrigue, afin de développer avec un certain humour au second degré le caractère bien trempé de son héroïne et son associé. Frère Eadulf a d’ailleurs plus un rôle de faire-valoir de la jeune femme, ce qui est assez contradictoire avec la personnalité et le rôle qui lui sont alloués par l’auteur ; en effet, selon Tremayne, le jeune moine saxon est d’une intelligence supérieure, ce qui en fait sa valeur auprès de la jeune avocate, or elle passe la plupart de son temps à le contredire et lui clouer le bec ! L’écrivain fait poser au moine des questions que même le lecteur ne se pose pas, tant les réponses sont évidentes et pourtant, Tremayne insiste sur l’intelligence et l’esprit de déduction et de synthèse du jeune homme, or il est souvent agaçant ; j’ai même un peu pitié de lui vu la façon dont son amie le traite.

Je constate d’ailleurs, au fur et à mesure que je découvre les romans de Peter Tremayne, que malgré le fait qu’il insiste à chaque introduction sur le rôle prépondérant des femmes dans la civilisation celtique, y compris dans l’église celtique, que les portraits de femmes qu’il décrit - en dehors de Sœur Fidelma - sont soit des harpies ou des mollassons, elles sont généralement dures, hautaines, peu enclines à accepter la loi, jusqu’à ce que la jeune religieuse fasse valoir ses droits d’avocate, « brehon » (juge) et sœur de roi. C’est une contradiction de plus à mes yeux, car s’il fait à ce point l’apologie d’une civilisation respectant les femmes, l’écrivain ne semble pas vraiment suivre ses propres théories.

Ces quelques critiques mises à part, une fois encore ce petit polar historique est tout à fait passionnant et constitue un bon moment de lecture d’autant plus que la plume de Peter Tremayne est très poétique ; il y a quelques jolies descriptions de paysages évoquant parfaitement la jolie terre d’Irlande.

Ce que je trouve aussi toujours très divertissant ce sont les échanges entre la jeune religieuse de l’église celtique face aux représentants de la dogmatique église catholique. Elle leur rive régulièrement leur clou, c’est très amusant car je m’y retrouve parfaitement.



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