La stèle maudite de Matt Bondurant

The Third Translation

La stèle maudite

Le vendredi 10 août 2007 par Sheherazade

Il ne suffit pas d’être étudit et professeur d’université pour faire un bon écrivain et je crains bien que ce soit ce qui est arrivé à Matt Bondurant. Le sujet de son livre, pour passionnant qu’il fût, est malheureusement assez mal écrit ; non pas que je pourrais faire mieux, loin s’en faut - mais je ne m’érige pas non plus en écrivaine de polar à tendance ésotérique.

Walter Rothschild a tout sacrifié à sa passion des hiéroglyphes : épouse aimante, petite fille, sa propre vie même ; d’ailleurs eut-il jamais une vie en dehors des études ?

Emmené par son ingénieur de père sur tous les sites possibles de construction, c’est lors de la construction du barrage d’Assouan qu’il découvrira sa vocation ; n’ayant d’autre formation scolaire que tous les livres d’histoire auxquels il a accès, il devient cependant un brillant étudiant dans une prestigieuse université américaine.

Par contre, si les études n’ont aucun secret pour lui, il n’en va pas de même dans ses relations avec ses semblables, il est timide, timoré. Lorsqu’il rencontre la jolie Helen, violoncelliste, il tombe amoureux, elle tombe enceinte et deux ans après la naissance de la petite Zenobia (comme la reine de Palmyre), il quitte cette petite famille, sans un mot, comme à son habitude.

Les mots ne lui viennent jamais quand il faut, il part parce qu’il « étouffait », peu importe les conséquences sur l’enfant. Qu’il retrouvera sporadiquement dans sa vie, tout en s’étonnant des relations difficiles qu’ils auront. Certaines personnes n’apprennent jamais rien si intelligentes soient elles !

Le British Museum a engagé le Dr Rothschild pour un contrat temporaire afin de déchiffrer la Stèle de Paser, qui curieusement peut se lire tant verticalement qu’horizontalement, au contraire des habituels hiéroglyphes.

Mais apparemment, il existerait une troisième manière de la lire et c’est là que le talent du professeur est requis. Son contrat touche à sa fin et la stèle n’a pas encore réellement révélé ses secrets. A son grand déplaisir, le directeur de la section égyptienne du B.M. a aussi confié le déchiffrage à Mick son co-locataire, un jeune homme terriblement savant mais aussi très désagréable et plutôt étrange, aussi peu loquace que Rothschild.

Finalement le seul qui ressemble un peu - de loin ou de près - à ce que l’on pourrait appeler un bon copain est leur voisin de palier, Alan. C’est au cours d’une virée organisée par ce dernier que la vie de Rothschild va basculer et son petit monde pépère va s’écrouler en l’espace que quelques heures.

Il rencontre lors de cette soirée, une étrange jeune femme à l’évidence sous l’emprise d’une drogue, entourée d’une bande de loustics assez étranges eux aussi, de la secte Krishnas et entourés d’une bande célèbre de lutteurs.

Peu habitué à la boisson, le professeur est saoul et probablement drogué aussi par la jolie Erin et sous leurs emprises se retrouve au musée, quasi clandestinement, à lui montrer des antiquités, dont un parchemin très précieux que la ravissante créature lui vole.

Le lendemain, il est mandé par le directeur, sommé de retrouver le parchemin ; il lui reste 2 jours, exactement jusqu’à la dernière heure de son contrat, faute de quoi non seulement sa carrière sera définitivement fichue mais la prison l’attend aussi, car toute œuvre du British Museum est la propriété de la Reine d’Angleterre ; un objet volé est donc volé à sa majesté !

Pour ce type, obnubilé par son petit confort et sa petite personne, va s’engager une course afin de retrouver la charmante créature qui l’a berné avec tellement d’aisance. Une sympathique bibliothécaire va l’aider du mieux qu’elle le peut, d’abord attendrie par ce professeur si maladroit, jusqu’à ce qu’elle réalise que finalement il est d’un égocentrisme pas possible.

Ils vont alors découvrir que le papyrus volé est entre les mains d’une société secrète décidée à rétablir le culte d’Aton et du pharaon maudit Akhen-Aton (ex-Amenohpis IV). Inutile de dire que leurs vies sont en danger, qu’ils sont poursuivis tant par les autorités que les méchants, bref la routine dans ce type de roman. Routine dont le professeur se passerait aisément, tant il est empressé de retourner à celle qui constituait sa vie d’ « avant ».

Donc vous avez : un professeur d’université connu pour ses travaux, un groupuscule qui trempe dans l’occulte, un objet d’art précieux - ici en l’occurrence - un papyrus datant de 3000 ans avant notre ère, et une chasse à l’homme. Cela vous rappelle probablement quelque chose ? Nous nous retrouvons ici une fois de plus dans un polar pseudo-historique, dans la lignée du « Da Vinci Code » qui n’était déjà pas un modèle d’écriture, mais alors ici on est carrément dans la mauvaise dissertation d’un élève de cinquième. Même les dialogues sont ennuyeux.

De plus, on ne peut pas vraiment dire que le personnge de Walter Rothschild incite à la sympathie, bien que sa personnalité soit bien rendue : le timoré, obnubilé par son manque de connaissance de la nature humaine qui se fait rouler comme un débutant par le premier joli minois venu, incapable d’avoir un contact humain valable pour les autres, réellement un type exaspérant dont la seule qualité est d’en être conscient et de n’être bien que dans le désert à gratouiller des vieilles pierres. J’espère pout eux que tous les archéologues ne sont pas comme lui...

Bref, je n’ai eu aucune sympathie pour lui, à aucun moment ; si j’ai terminé le livre c’était parce que je voulais connaître le fin mot de la fin. Pour moi il y a 200 pages en trop à ce bouquin, que j’ai lu à un moment où je n’arrivais pas à bien me concentrer ; là c’était parfait, fallait même pas réfléchir au vocabulaire !

Les seuls passages réellement intéressants du roman - car il y en a tout de même un peu - sont les souvenirs de sa vie, racontée par Rothschild, ainsi que ses explications sur l’Egypte ancienne et les hiéroglyphes. Le sujet possédait un réel potentiel, malheureusement, l’auteur ne fut pas à la hauteur de ce potentiel.

A ce propos, Matt Bondurant - dont c’est le premier livre (et espérons le dernier, si ses éditeurs ne lui apprennent pas à rédiger) - a fait un bon travail de documentation. Cela sauve (presque) son ouvrage.



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